Un autre amour

un autre amourUn Autre amour (Loving him) – Kate O’Riordan – traduit de l’anglais par Florence Lévy-Paoloni.

Comme son nom l’indique Kate O’Riordan est irlandaise.

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Matt et Connie ont laissé les enfants à la maison et se sont offert un séjour à Rome. En amoureux pourrait-on croire.

Pourtant Connie rentre seule à Londres. Matt a retrouvé par hasard une connaissance (son premier grand amour) et comme elle vient de vivre un drame, il dit ne pas avoir le courage de la laisser seule.

De retour chez elle, Connie ne sait que faire. Entre incompréhension et honte elle décide de ne rien dire à ses enfants ni à son entourage.

Que se passe t-il ? Sa vie parfaite s’écroule. Elle qui semblait avoir tout réussi. Elle a épousé celui qu’elle aimait depuis toujours, elle a une belle maison, trois beaux enfants et elle a monté une petite entreprise de cartes de vœux.

On pourrait dire qu’il ne se passe rien dans ce roman. Pourtant, Kate O’Riordan m’a fait plonger sans une minute d’ennui dans la vie de ces personnages « normaux ».

« Normalité », seulement en apparence. L’auteur nous fait découvrir petit à petit que pas un des personnages n’est ce qu’il semble être au départ. Et la plus grande surprise viendra de Connie.

  1. O’Riordan fait entrer dans l’intimité de ses personnages avec beaucoup de pudeur. On assiste en même temps que Connie à l’effondrement de son couple, mais pas seulement.

Il se joue beaucoup plus que cela dans ce roman.

Les relations de couples, relations familiales ou d’amitiés sont observées et décortiquées avec finesse.

Mais le véritable propos reste une réflexion sur la vie qui passe, la vie qu’on aura manquée, ou peut-être ratée.

Jamais ce roman ne tombe dans le pathos grâce à l’écriture sensible et subtile de Kate O’Riordan.

Je préfère le titre original qui donne une meilleure idée de la personnalité de Connie.

 

Le mois anglais 2015

 

 

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Les Tudors

tudorspageexpoLes Tudors

Musée du Luxembourg jusqu’au 19 juillet

C’est à travers l’art du portrait que cette exposition fait entrer le visiteur.

Grâce à des portraits somptueux, des archives et quelques objets personnels, nous traversons une époque importante de l’histoire de l’Angleterre qui a vu passer cinq monarques (six si nous comptons la très éphémère Jane Grey qui n’a régné que 9 jours).

A cette époque, les portraits servaient d’instruments politiques. Ils montraient la magnificence et la richesse des souverains et permettaient d’installer leur pouvoir et leur autorité.

On peut le voir dans le portrait du jeune roi Edouard Ier, fait sur le modèle de son illustre père.

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Vous voyez la ressemblance ?
Vous voyez la ressemblance ?

 

 

 

 

 

 

C’est durant le long règne d’Elisabeth 1ère  ,  45 ans, que l’Angleterre a gagné son statut de plus grande puissance européenne. Et la souveraine entendait que cela se sache !

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La victoire sur Philippe II d’Espagne et sa soit disant invincible armada aura grandement contribué au rayonnement de l’Angleterre sous Elisabeth 1ère. Elle en fait un acte de propagande dans ce très beau tableau qui la représente somptueusement parée, croulant sous les ors et les bijoux, la couronne, symbole de son autorité, bien en évidence, et dans le fond, les navires de l’armada vaincue.

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Ce portrait la montrant toute puissante, presque venant du ciel, amenée par Dieu, et foulant les territoires conquis, est un véritable message de propagande à l’intention de ses sujets et des autres souverains. C’est pour moi le plus beau tableau de l’exposition. La finesse des détails des bijoux et des étoffes est remarquable. On croirait presque pouvoir toucher la douceur du tissu.

Mais il n’y a pas eu que des guerres de  pouvoir et des conquêtes, c’est aussi sous son règne que les arts s’épanouissent, avec notamment le grand William Shakespeare.

On retient souvent l’image de Henry VIII et de ses six femmes, et d’Elisabeth, la reine vierge. Mais ils étaient bien plus que cela. C’est aussi pourquoi ils ont tant fasciné les auteurs que ce soit en littérature, au théâtre ou au cinéma.

On retient surtout l’image d’Henry VIII vieillissant, gros, et laid. Mais il est décrit comme ayant été un beau et robuste jeune homme, pour preuve ce tableau.

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Certes, les canons de la beauté ont changé depuis…

Je ne peux que vous conseiller d’aller faire un tour au musée du Luxembourg. Il y a des visites spéciales pour les familles et également des visites en anglais si ça vous tente.

Je n’en ai pas terminé avec les Tudor car pendant ma visite, j’ai repensé à quelque chose que j’avais vu étant ado. Je vous en parle bientôt.

mois anglais 2015

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Les premières aventures de Sherlock Holmes – L’ombre de la mort

les premières aventures de sherlockLes premières aventures de Sherlock Holmes – L’Ombre de la mort – (Young Sherlock Holmes) Andrew Lane – traduit de l’anglais pas Marie Hermet

Je n’ai jamais lu Arthur Conan Doyle et je ne connais donc son fameux Sherlock Holmes que par les diverses adaptations cinéma, télé, théâtre ou BD.

Rien de sa jeunesse.

C’est cette facette du célèbre détective que Andrew Lane va explorer.

Dans ce premier opus (apparemment il y en a déjà 4 de publiés), nous faisons la connaissance de Sherlock alors qu’il a 14 ans. C’est l‘été et les vacances ne s’annoncent pas comme prévu. S’il n’a rien contre le fait de quitter son pensionnat où il ne s’est fait aucun ami, il comptait bien rentrer chez lui.

Mais voilà, en l’absence du père militaire parti en campagne, sa mère, malade, ne peut s’occuper de lui. Son frère Mycroft est également dans l’incapacité de se charger de lui, sa vie et son travail à Londres ne lui laissant aucun temps libre.

Le pauvre Sherlock va donc devoir passer son été chez un oncle et une tante qu’il ne connait pas.

On ne peut pas dire qu’il soit bien reçu dans cette famille étrange. Il ne les voit qu’aux repas et est prié de se faire oublier. Quant à la gouvernante, elle est aussi accueillante que Mrs Danvers dans Rebecca.

Sherlock sent qu’il va s’ennuyer à mourir mais la rencontre avec son précepteur, M. Crowne et Matty (un gamin qui fait penser un peu à Hucckleberry Finn) va enfin le sortir de sa mélancolie. La jolie et énergique fille de Crowne ne sera pas pour rien dans ce regain d’énergie !

La découverte de deux cadavres et d’une étrange fumée noire va tous les occuper un bon moment.

Bon, rien de bien palpitant dans cette aventure qui voit le jeune Sherlock faire ses armes de détective. Il est redoutablement intelligent, comme son frère Mycroft, mais on découvre que ses dons d’observation et de déduction lui viennent des leçons données par son précepteur.

Je suppose qu’on en apprendra plus dans les prochains épisodes sur le passé de ce M. Crowne, ainsi que sur la gouvernante, personnage menaçant mais laissé un peu en plan au cours de l’histoire.

Un point positif ? Oui. L’atmosphère de l’époque et les détails de la vie quotidienne de l’Angleterre du XIXème siècle sont bien rendus.

Vous l’aurez compris, j’ai lu sans déplaisir mais ce premier épisode ne m’a pas vraiment donné envie de lire la suite.

Le mois anglais 2015thrillers et polars 2014-2015

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Le crime de Parangon walk

le crime de parangon walkLe Crime de Paragon Walk – (Paragon Walk) – Anne Perry – Traduit de l’anglais par Roxane Azimi

Quatrième de couverture :

Londres, 1884. La luxueuse avenue de Paragon Walk s’éveille en plein drame : une innocente jeune fille de dix-sept ans, Fanny Nash, y a trouvé la mort, violée et étranglée. L’inspecteur Pitt est chargé de l’affaire. Sa tâche s’avère encore plus délicate que d’habitude. Une nouvelle fois confronté à l’aristocratie, il va aussi devoir enquêter chez Lady Emily Ashworth, la soeur de sa chère épouse Charlotte ! Fanny a été agressée alors qu’elle revenait de chez Emily et George, son mari, reste très évasif sur son emploi du temps au moment du crime. Cacherait-il quelque chose ? L’enquête piétine. Bien décidée à percer le mystère, Emily entraîne Charlotte dans les réceptions mondaines. À la quête des petits secrets qui cachent les grandes dépravations, elles démasqueront un coupable complètement inattendu.

C’est la troisième aventure de Thomas et Charlotte Pitt que je lis, et c’est encore avec plaisir que j’ai retrouvé le couple atypique de cette époque victorienne, même si dans cette histoire, Thomas n’est pas aussi présent.

C’est à Charlotte et à sa sœur que l’on doit le plus gros de l’enquête.

Comme son habitude, Anne Perry décrit à merveille les us et coutumes de la haute société. Le crime ayant touché l’une des leurs, les habitants de la très aristocrate avenue de Parangon Walk sont en émoi.

Mais Anne Perry ne se penche pas sur leur chagrin et leur compassion. Bien au contraire.

Elle met en évidence l’hypocrisie de cette société qui se croit au dessus de tout soupçon grâce à son rang et préfère que l’enquête se focalise sur un éventuel intrus ou sur un domestique.

C’est pourquoi Charlotte va entrer en scène et va mener l’enquête avec sa sœur, rompue à l’exercice du paraître depuis qu’elle a épousé un noble. Il sera plus facile à des femmes de faire parler d’autres femmes sur cette question de viol.

Enfin, c’est ce qu’on croit ! Car la plupart de ces femmes sont confinées par leurs maris dans un monde hors de la réalité, et elles sont persuadées que le viol n’existe pas ou alors, seulement pour celles qui sont dépravées.

Même Emily n’est pas loin de croire cela. Heureusement que Charlotte est là pour lui remettre un peu de plomb dans la cervelle !

Encore une fois l’enquête révèle des personnalités et est prétexte à faire découvrir les mœurs d’une époque victorienne étonnante .

Et l’humour n’est jamais loin quand d’invitations en invitations, les langues se délient et chacune y va de ses sarcasmes à l’encontre des autres,  de leur tenue, leur coiffure,  oubliant bien vite le drame qui a eu lieu tout près d’elles.

Une histoire qui n’est pas à la gloire des hommes, en encore moins à celle des femmes.

Le mois anglais 2015 thrillers et polars 2014-2015

challenge Anne Perry

challenge Anne Perry

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Ça commence demain !

 Mais le mois anglais bien  sûr !

Comme chaque année Titine, Lou et Cryssilda nous font traverser la Manche pour un séjour dans la perfide Albion que nous aimons tant !

Le mois anglais 2015

très joli logo  trouvé chez Eliza

J’ai parcouru ma PAL avec gourmandise et la perspective de ce mois anglais m’a redonné l’envie de lire qui n’était plus là depuis un moment. Alors merci les filles !

Le hasard m’a fait remonter dans le temps, vers l’époque élisabéthaine. Un ou deux billets sont prévus là-dessus.

Et en guise de mise en bouche ou plutôt en oreille, voilà un petit peu de musique du temps de la grande Elisabeth.

LE musicien de cette époque était John Downland (1563-1626). Il a commencé sa carrière comme diplomate à Paris et a tenté pendant des années de devenir « Musicien pour le luth »  de la cour royale d’Angleterre. Il était reconnu dans toute l’Europe comme le joueur de luth le plus accompli de son temps, mais sa conversion au catholicisme l’a empêché de revenir à la cour de la très protestante Elisabeth 1ère. Ce n’est qu’à la fin de sa vie, en 1612,  qu’il a pu enfin obtenir ce poste auprès de James 1er.

john downland

J’ai découvert ce musicien il y a quelques années grâce à l’album de Sting , Songs from the labyrinth (j’en ai déjà parlé dans ce blog). 

On écoute ?

Et pour un petit complément  (in English of course !) :

mois anglais 2015

 

 

 

 

 

 

 

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Mon frère, ma princesse

   mon frere ma princesse afficheMon frère, ma princesse

Texte : Catherine Zambon(Première édition à l’école des loisirs : 2012 )

Mise en scène : Emilie Le Roux , assistée de Fanny Duchet Avec : Julien Anselmino, Marie Bonnet, Fabienne Courvoisier, Colin Melquiond, Najib Oudghiri Création lumière : Eric Marynower Création musicale : Théo Ceccaldi, Valentin Ceccaldi, Roberto Negro.

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Quatrième de couverture de l’Ecole des loisirs

Alyan est un petit garçon. Pourtant il préférerait être une princesse ou une fée, avoir des cheveux longs et des vêtements roses. Sa mère s’inquiète, son père ne voit rien. À l’école, on se moque de lui, on l’insulte, on le frappe. Il essaie de s’échapper en faisant de la magie, mais ça ne marche pas toujours. Seule sa sœur Nina est consciente de son chagrin. Elle est décidée à le défendre envers et contre tous. Jusqu’où ira-t-elle pour protéger son frère ?
Un texte magnifique, fin, intelligent, touchant, et magnifiquement mis en scène et interprété.

Alyan a 5 ans et il veut être une princesse ou une fée. Seule sa grande sœur le comprend et sent qu’il souffre de ne pas être ce qu’il voudrait. Le père est aimant mais aveugle, la mère commence à s’inquiéter de ce comportement inhabituel pour un petit garçon. Mais c’est surtout ce que les autres vont en dire qui l’inquiète.

Alyan est en proie aux moqueries et à la violence des autres qui n’acceptent pas la différence.

Nina est prête à tout pour son petit frère et elle finira par faire bouger les certitudes des uns et des autres. Les parents, les copains, l’école, tout le monde va être bousculé par le comportement d’Alyan et la détermination de Nina.

Il n’y a qu’Alyan qui ne changera pas. Il est sûr de son identité. Il est une fille ! S’il ne peut pas l’être, il « mourira » !

Catherine Zambon interroge intelligemment la question de l’identité. Son texte est émouvant et dit l’essentiel simplement.

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ALYAN : Pourquoi t’es une fille ?

NINA : Je ne sais pas.

ALYAN : Pourquoi tu sais pas ? Qui choisit alors ?

NINA : Moi. C’est moi qui ai choisi.

ALYAN : T’as eu le droit de choisir, toi ?

NINA : Je me suis concentrée, j’ai fait l’imagination et ça a marché.

ALYAN : C’est quoi la magination ?

Beaucoup de poésie et un brin d’humour pour parler d’un sujet difficile. D’autant plus que ce spectacle s’adresse à des enfants à partir de 8 ans.

Dans la salle il y en avait beaucoup et des plus jeunes encore. J’ai été impressionnée par la qualité d’écoute de tous ces enfants. Le texte et la mise en scène ont fait mouche.

Pourtant, la mise en scène n’avait rien de léger. Peu de lumière, un dispositif scénique fait de structures métalliques symbolisant les différents lieux et amené dans un mouvement lent et chorégraphique par tous les acteurs.

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L’ensemble est soutenu par une création musicale superbe et qui accompagne parfaitement les émotions et l’équilibre précaire des personnages .

Quant aux acteurs, ils sont parfaits. Colin Melquiond, ce grand jeune homme longiligne a 5 ans sous nos yeux. Il est heureux dans sa robe de princesse, il est gracieux et beau. Aucune caricature.

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Dans cette période où s’affrontent les convictions, et où l’incompréhension laisse souvent la place à la haine, ce texte est essentiel.

Un très gros coup de cœur.

challenge en scène

challenge en scène

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La Fille de l’Irlandais

la fille de l'irlandaisLa fille de l’Irlandais – Susan Fletcher

Eve Green revient sur l’année de ses 8 ans, année où elle a perdu sa mère et où elle a dû aller vivre dans la ferme de ses grands-parents qu’elle ne connaît pas, au Pays de Galles.

Pour cette petite fille rousse au caractère bien trempé, les choses ne vont pas se passer facilement. Il lui faudra en plus de son deuil, faire avec l’agressivité de certains des habitants qui lui reprochent d’être la fille de son père.

L’année de ses 8 ans, elle s’est toutefois fait un ami à l’école, a découvert la campagne et les travaux de la ferme. Elle a surtout fait la connaissance de ses grands-parents et est tombée sous le charme de son grand-père.

Mais c’est aussi l’année de ses huit ans qu’elle a compris pourquoi sa mère s’était enfuie.

Durant cette première année, elle s’est fait un ami secret qui deviendra l’objet de remords qui la suivront longtemps.

L’année de ses 8 ans elle croisera le chemin d’une autre fille qui va disparaître sans plus jamais laisser de traces, ce qui donnera l’occasion aux habitants du petit village gallois de montrer le meilleur d’eux-mêmes : mensonges, soupçons, vengeance, faux-témoignages, et au mieux, silences…

Mais surtout, l’année de ses 8 ans, Eve rencontre celui qui va devenir son grand amour.

J’avais souvent vu sur les blogs des avis très positifs sur Susan Fletcher et j’avais très envie de découvrir cette auteure.

Sans dire que La Fille de l’Irlandais est un coup de cœur, j’ai passé un très bon moment de lecture.

Certes il y a des fragilités dans ce récit. Susan Flectcher aurait pu se passer des passages sur la disparition de l’autre petite fille. Je n’ai pas trouvé que cela apportait beaucoup à l’histoire. Le décès d’une mère, l’installation dans une nouvelle vie où on lui fait payer ce que son père a fait des années auparavant, tout cela suffisait à faire un roman intéressant

Pour ma part, j’ai aimé la construction du roman passant du présent au passé, et mélangeant les temps de ce passé. Il fonctionne comme la mémoire, à partir d’un fil il tricote et détricote au fur et à mesure les petits et plus grands événements.

J’ai aimé les descriptions de la nature et des saisons dans ce coin reculé du Pays de Galles et les descriptions des errances d’une petite fille découvrant son nouvel environnement.

Bref, j’ai aimé ce récit empreint de nostalgie et de  mélancolie.

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