Juste avant

Juste avantJuste avant – Fanny Saintenoy

 

 

 

 

 

 

J’ai des tonnes de romans qui attendent un billet mais celui-ci, je voulais vous en parler tout de suite. C’était simple et évident. Une urgence, quoi !

En passant chez Jeneen, j’ai fait une très belle découverte avec ce texte court, trop court (119 p.).

A priori, rien de bien drôle dans ce petit roman puisqu’il donne la parole alternativement à deux femmes dont l’une est en train de mourir. Mais la plume alerte de Fanny Saintenoy donne à ce moment douloureux un vrai parfum de poésie, elle donne à voir, à entendre plutôt, des récits tout simplement humains où l’humour n’est jamais bien loin.

Fanny, la narratrice, vit des galères dans sa vie sentimentale et matérielle mais tout cela est vite balayé lorsqu’elle se rend auprès de Granny, son arrière-grand-mère mourante. Elle la découvre à l’hôpital, toute ratatinée sous son drap blanc, déjà un peu partie, incapable de communiquer avec l’extérieur. Fanny ne sait pas si Granny, sa vieille pomme, l’entend ou si elle a conscience de sa présence, elle se sent gauche, ne sait quoi faire si ce n’est lui caresser les cheveux. Granny, elle, ne peut pas parler mais elle sent les choses, les présences, fait la différence entre les infirmières et se sent un peu rassurée d’avoir son arrière-petite-fille auprès d’elle. Parce qu’elle sait que c’est la fin et qu’elle a un peu peur.

Chaque chapitre donne la parole à l’une puis à l’autre. Leurs pensées cheminent et petit à petit on découvre le lien étroit entre ces deux-là, les souvenirs de petite fille auprès de cette vieille dame un peu atypique, mais aussi les souvenirs de cette presque centenaire, sa vie d’enfant, de femme et de mère. Elle n’a pas eu une vie facile Granny, mais elle s’en est toujours sortie.

Les dernières heures de Granny-Juliette voient les pensées de l’une et de l’autre se répondre, à défaut de pouvoir utiliser le langage. Les souvenirs se croisent, avec émotion, souvent avec drôlerie.

En nous parlant de mort, Fanny Saintenoy ne nous parle que de vie, et quelle vie ! Elle nous fait traverser le siècle dernier, la douleur de deux guerres, l’évolution de la société, surtout du point de vue des femmes. Jamais elle ne s’apitoie sur son sort cette Juliette, toujours de l’avant !

J’ai vraiment eu un coup de cœur pour ce roman à l’apparente simplicité, écrit tout en délicatesse, et avec beaucoup d’humour. J’ai adoré les passages où Juliette parle de la maison de retraite et de toutes ces « mémés » dont elle se fait des copines seulement pour aller regarder la télé dans leur chambre. Bon, d’accord, elle est un petit peu embêtée quand l’une d’elle meurt, mais on se demande si c’est pour la « mémé » ou pour la télé.

On ressort ému et avec le sourire de cette conversation silencieuse.

Un autre atout de mon point de vue, le soutien de Daniel Pennac dont vous pouvez consulter la lettre qu’il adresse à l’auteur en allant là www. toslog.com/fannysaintenoy.

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