Delirium tremens

delirium tremens

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Delirium tremens – Ken Bruen – traduction de l’irlandais de Jean Esch

Si vous voulez lire un roman irlandais qui vous conterait les beaux paysages, la gentillesse des Irlandais chantant dans de charmants pubs typiques de Galway, passez votre chemin.

Si vous voulez passer une nuit blanche, les yeux scotchés aux pages, à suivre une intrigue palpitante menée tambour battant avec poursuites et meurtres sanglants toutes les trois pages, passez également votre chemin.

Alors c’est quoi ce roman ???

Un polar, mais où l’intrigue policière n’est pas le principal.

Le principal, c’est Jack Taylor, policier membre de la Garda irlandaise.

Enfin… ex-policier. Il faut dire que flanquer son poing sur le nez d’un ministre, ça n’aide pas à garder son emploi !

Qu’à cela ne tienne, Jack Taylor est devenu détective privé. Sauf qu’en Irlande, ça n’existe pas. Compliquée la vie de Jack !

Il a installé son « bureau » dans un pub où il vivote et passe son temps entre café au brandy (ou plutôt brandy au café) et Guinness.

Il essaierait bien d’arrêter de boire, mais pour ça il lui faudrait un autre meilleur ami que Sutton, ex-barman qui se prend pour un grand peintre, qui ne cesse de le tenter et considère que si on n’est pas pochetronné, on n’est pas un homme.

Avec ses problèmes d’alcool et d’agressivité, Jack pourrait être un pauvre type seul, sans personne d’autre que ce meilleur ami pervers et violent et aussi imbibé que lui.

Ce n’est pourtant pas le cas. Il peut compter sur des femmes (hé oui, les femmes semblent avoir un penchant pour les mauvais garçons en perdition !) : Linda, sa propriétaire, Catherine, une chanteuse de rock, et Ann, une mère au désespoir qui ne croit pas au suicide de sa fille et que Jack va aider bien sûr.  (Si,  il y a une femme qu’il ne supporte pas, c’est sa mère, une bigote hypocrite (pléonasme ?) qu’il évite autant que faire se peut).

Et puis il y a la littérature. Et le vieux Sean, figure paternelle, poète à ses heures.

Jack et lui ont en commun leur amour des mots et des livres.

« J’étais devenu un bibliophile dans le vrai sens du terme. Je n’aimais pas seulement lire, j’aimais les livres eux-mêmes. J’avais appris à en apprécier l’odeur, la reliure, l’impression, le contact des ouvrages entre mes mains. » (p. 149)

Jack se nourrit des mots de Dickens, de Henry James, mais surtout de ceux des grands du polar : Jim Thompson, T. Jefferson Parker entre autres, c’est ce qui le fait encore tenir debout.

Alors, non, Délirium tremens n’est pas un polar où l’enquête est primordiale. D’ailleurs, elle va se résoudre quasiment sans Jack. Elle va surtout le confronter, entre deux épisodes de soulographie, à la noirceur d’une ville et de l’Irlande, bien loin des clichés touristiques.

Ce n’est pas une histoire que Ken Buren nous raconte dans Delirium tremens, c’est tout un univers.

Ce roman est le premier d’une série dans laquelle Jack Taylor est le « héros ».

En tournant la dernière page, je n’avais qu’une envie, retrouver ce loser attachant, mais surtout la prose désenchantée de Ken Buren.

Le flic cabossé, l’intrigue au second plan, la ville loin des clichés touristiques, tout cela m’a fait penser à un autre roman, écossais celui-là, d’Ian Rakin, L’Etrangleur d’Edimbourg. J’ai toutefois une petite préférence pour l’écriture de Ken Buren.

Roman offert par Jeneen lors d’un swap échevelé. Si tu passes par là, merci Guilan pour cette découverte et grosses bises !

L’avis de Karine

Challenge Thrillers et polars 2014-2015

Challenge Thrillers et polars 2014-2015

 

 

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10 commentaires pour Delirium tremens

  1. Syl. dit :

    J’aimerais bien le rencontrer ! et si c’est le premier tome… encore plus ! Noté. Mais si tu viens on fera un échange. Ton Buren contre un Perry.
    Kiss

  2. aifelle dit :

    Je n’en ai lu qu’un de la série et je n’ai pas aimé ; le personnage est trop désespéré pour moi.

  3. Mind The Gap dit :

    Heu, ben j’aimerais plutôt un livre comme tu dis dans ta première phrase…l’ Irlande de carte postale en fait. Joli titre ceci dit…
    C’est pas nouveaux que les femmes aiment les mauvais garçons…
    Bises madame !

  4. Son poing sur le nez du ministre? Ma foi, si celui-ci cachait ses capitaux dans des paradis fiscaux, pourquoi pas? Il me plaît bien ce vilain garçon qui, en plus, aime les livres!.

  5. Mind The Gap dit :

    Ha mais je comprends…C’est Jeneen qui t’as offert ce livre…avec un titre pareil, il fallait s’en douter…

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