Un Ete outremer

Un été outremerUn Eté outremer – Anne Vantal

Félicien, 18 ans, raconte son voyage en Algérie à la recherche de sa mère biologique.

Il a toujours su qu’il était un enfant adopté, arrivé dès l’âge de trois mois dans un foyer aimant, entre des parents sans problèmes et une jeune sœur adoptée elle aussi. Sa scolarité se passe normalement, il a des copains, tout va bien. Mais il a décidé que le jour de ses 18 ans, il demanderait à voir son dossier, c’est son droit. Toutefois, sa mère préfèrerait qu’il passe son bac tranquillement et qu’il s’occupe de ce dossier après. Mais Félicien ne peut pas attendre et il découvre qu’il est né en Algérie d’une mère algérienne.

Passée une première réaction raciste et la recherche de signes physiques qui auraient dû le mettre sur la voie de ses origines, il prend une décision, la seule possible à ses yeux, partir à la recherche de cette mère dont il n’a que le nom.

Félicien va s’organiser en secret de sa famille, après tout c’est SON histoire. Le jour de son départ il ne laissera qu’un simple mot, demandant à ses parents de ne pas s’inquiéter, disant qu’il reviendrait bientôt, sans plus d’explications. D’ailleurs pouvait-il en donner des explications, lui qui ne savait pas vraiment ce qu’il allait chercher, ce qu’il allait trouver ni comment il allait s’y prendre ?

Le jeune homme raconte, sous forme d’un journal, sa découverte d’un pays dont il ne connait rien si ce n’est quelques préjugés. Il note ses impressions, ses avancées, ses déceptions, comme s’il voulait garder la trace des moindres détails de cette nouvelle naissance, de ce chemin vers ses origines, vers lui-même. Parce que ce qu’on comprend bien c’est qu’il a un besoin vital d’être confronté avec cette mère et avec son histoire. Il n’est pas question pour lui de remplacer ses parents par cette nouvelle mère, d’ailleurs il ne l’appelle jamais que par son prénom, Samira. Une famille, il en a déjà une. Non, ce vers quoi il va n’est pas une mère, mais lui-même.

Il appréhende le pays de ses origines avec précautions, avec lenteur. Il prend le temps de la réflexion, le temps de faire des rencontres, d’éprouver des émotions, de faire des expériences olfactives, gustatives, sonores, le temps de fixer tout cela autant qu’il le peut avec son appareil photo.

La simplicité et la poésie de l’écriture participent à associer le lecteur à tout ce qu’éprouve Félicien en découvrant en même temps que lui un pays et ses habitants.

Je ne vous raconterai pas la fin, et donc pas ce qu’il advient de Félicien, mais je ne peux que vous inciter à lire ce court récit (125 p.) qui traite avec beaucoup de délicatesse du parcours d’un jeune homme en quête d’identité, et de la nécessité de guérir les blessures de l’abandon pour continuer à se construire.

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