A quoi servent les clowns ?

à quoi servent les clownsAu Salon du livre de jeunesse, je comptais bien voir Anne Percin et lui faire dédicacer un roman pour la petiote … ou pour moi ! Mais sur le stand il n’y avait que  Le premier été,  que j’avais déjà. D’ailleurs, j’avais déjà tous ceux qui étaient présentés, et comme je n’avais pas voulu me charger, je ne les avais pas apportés avec moi. Des livres, ce n’est pas ce qui manque au Salon… J’ai donc pris le seul que je ne connaissais pas … A quoi servent les clowns ? A priori, je n’aime pas l’univers du cirque et je trouve que la couverture est plutôt repoussante. Mais franchement je ne regrette pas d’avoir mis la main sur cette histoire. Tout d’abord, parce que Anne Percin a fait une très jolie dédicace pour la petiote. Ensuite parce que cette histoire, encore une fois fait mouche.

A quoi servent les clowns ? – Anne Percin
Mélinda, presque sept ans, vit avec sa maman et sa grande sœur dans une caravane, seul refuge trouvé après l’incendie de leur immeuble. La maman travaille beaucoup, fait des heures supplémentaires à n’en plus finir pour essayer de joindre les deux bouts, et Cindy, la grande sœur, apprentie coiffeuse, veille souvent sur la petite.
De l’incendie, Mélinda n’a sauvé que son livre de lecture parce que la maîtresse avait donné des pages à lire pour le lendemain. Mais pas de chance, la voiture de maman est en panne et elle ne peut donc pas aller à l’école.
Elle avait d’autres trésors qu’elle aurait pu sauver : Tigrou, sa peluche doudou ou l’unique photo de son père qu’elle n’a jamais connu. Elle regrette.
Alors Mélinda passe son temps à jouer, à rêver. Elle oublie ainsi le quotidien.
Un jour, elle trouve un petit tigre tout doux, tout gentil, qu’elle va nourrir en dérobant de la viande à la baraque à frites de sa mère.
Ce bébé tigre s’est échappé d’un cirque et c’est la faute de Pablo. Il aide dans le cirque de ses parents qui vient s’installer tout près de la caravane de Mélinda. Bien sûr, la rencontre entre les deux enfants et les deux univers va changer la vie de Mélinda et de sa famille, et on va assister à de nombreux rebondissements.
Dans ce petit roman, Anne Percin aborde des thèmes très sombres – la précarité, l’exclusion, le racisme – autant de faits de société très actuels. Mais elle y met aussi beaucoup de poésie et elle fait de l’histoire de Mélinda un vrai conte de fée. Elle célèbre le pouvoir de l’imaginaire, du rêve, et met des couleurs et de la lumière là où on aurait bien du mal à en trouver si on était à la place de cette famille.
Elle ne s’étend pas sur la vie difficile de la mère et de ses filles, elle la suggère, nous amène à la lire entre les lignes. Elle préfère nous conduire vers autre chose, vers la capacité à rebondir, vers l’espoir, la possibilité d’entrevoir un arc-en-ciel entre les larmes et de rire malgré les difficultés. Et tout ça dans un style vivant, des dialogues toujours justes, l’ensemble du récit passant avec subtilité du rire aux larmes sans jamais tomber dans le mélo larmoyant.
L’auteur fait encore une fois preuve d’un grand sens de l’observation des ados et des enfants. Tout est juste !
Ah ! Au fait ! A quoi servent les clowns ? « Un clown, c’est quelqu’un qui te fait marrer quand tu voudrais pleurer, parce que plus ça va mal, plus c’est dur de rire, et plus t’en as besoin »
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