Accabadora

accabadoraAccabadora – Michela Murgia – traduit de l’Italien par  Nathalie Bauer 

 

Petit livre de seulement 180 pages gentiment prêté par Béa (Une Comète)

 

La guerre a pris son fiancé à Tzia Bonaria Urrai, la privant également de possibilité d’enfants. Toujours vêtue de noir, elle vit seule à Sorini, petit village de Sardaigne.

Sur cette île, la vie est rude et les coutumes ancestrales sont toujours aussi prégnantes. Particulièrement celles qui entourent les événements majeurs de la vie – naissance, mariage, mort. On y croit aux esprits sans pour autant manquer de respect au curé et à la religion. Tout est affaire de superstition.

La vie à Sorini est tellement rythmée par toutes ces habitudes ancestrales, que j’ai eu du mal à intégrer le fait que le récit commence dans les années 50. J’ai souvent été surprise au cours de ma lecture à l’évocation de la télévision, d’une paire de jeans, ou de tout autre élément de modernité tant la vie à Sorini semble s’être arrêtée il y a bien longtemps.

Une coutume y perdure, celle qui permet d’un accord tacite, de prendre un enfant à une autre famille. C’est ce qui va arriver à Maria, 6 ans. Elle est la quatrième fille d’une mère qui n’en voulait plus, et d’un père mort. Tzia Bonaria va en faire sa fillus de anima – sa fille d’âme.

C’est l’histoire de ces deux-là que Michela Murgia nous conte.

Maria va à l’école, et s’attache à cette autre mère qui lui enseigne son métier, la couture.  Elle ne regrette pas sa vie d’avant, sa famille biologique, qu’elle continuera à fréquenter lors de rares occasions.

La vie de Maria se construit autour de l’école, du quotidien avec Tzia Bonaria, et de son ami Andria. Une vie simple, sans questions.

Pourtant Tzia Bonaria cache un secret. La petite fille a remarqué qu’il lui arrivait de sortir la nuit.

Elle apprendra beaucoup plus tard que cette femme à qui elle a donné son affection et en qui elle a une totale confiance n’est peut-être aussi « bonne » qu’elle le croit. En effet, elle tient dans le village le rôle de l’Accabadora .

Il m’est difficile d’en dire plus sans vous gâcher le plaisir de la découverte de ce très joli roman. L’écriture est belle, émouvante. L’auteur fait le magnifique portrait d’un village où la vie est dure et où la violence n’est jamais très loin – querelles de voisinage, rudesse du travail, refus d’un corps  mutilé… – mais elle porte aussi un regard aimant sur ses personnages et quels que soient leurs agissements, jamais elle ne les condamne.

Elle décrit à merveille les paysages, les réunions de femmes et leurs places dans les foyers, les patisseries dont on sent presque le goût, les visages, les mains . A chaque page les images fusent et on se sent transporté à Sorini.

Une très belle découverte.

Merci Béa.

Ce roman a également plus à Asphodèle, Syl., Anne, Argali.

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