Les Passagers du vent

Les Passagers du vent – François Bourgeon

Il y a des périodes où je n’ai plus très envie de lire. En général, ça ne dure pas. Et quand je dis « pas envie de lire», tout est relatif. J’ai quand même besoin d’avoir un livre entre les mains. Dans ces cas là, je retourne vers mes BD. Cette fois-ci j’ai repris une série que j’aime, que j’adore, que j’ai lue au moins 50 fois et que je relis toujours avec le même plaisir gourmand , autant pour la qualité du récit que pour la beauté des images.

J’ai acheté le premier album en 1980, j’ai trépigné en attendant la sortie des quatre autres. Après la lecture du cinquième et dernier album, je me suis sentie aussi orpheline de la jeune Isa, que lorsque Mankell a cruellement fait disparaître Wallander de notre horizon. 

couverture

Le Ponton Le comptoir de Juda

L'heure du serpentLe Bois d'ébène

L’héroïne de cette série c’est Isa, née Agnès de Roselande. Sa compagne d’enfance a usurpé son nom et sa fortune et elle se retrouve dans un couvent où elle a le temps de cultiver sa rage et la haine envers son ancienne camarade de jeu dont elle porte maintenant le nom.

 Les cinq albums couvrent deux années de la vie mouvementée de la jeune Isa au 18ème siècle. Elle veut commencer une nouvelle vie et embarque pour le Nouveau Monde sur le navire de Benoît de Roselande, son frère qui ne sait pas qu’ils sont frère et sœur, pour le plus grand malheur de notre héroïne.

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Elle rencontrera Hoël, un matelot breton naïf et totalement sous son charme, une jeune anglaise sans complexe et au langage fleuri, incapable de résister à un beau garçon et aussi rousse qu’Isa est brune. Elle découvrira également l’horreur des combats navals qui opposent les flottes françaises et anglaises, le commerce triangulaire et la traite des noirs.

Son tempérament fougueux ne lui amènera pas que des amis car elle ne cessera de s’insurger contre toutes les injustices qu’elle croisera sur son chemin, que ce soit la condition des « classes inférieures », celle des Africains ou celle des femmes. Elle refusera toujours de se soumettre, se montrera féministe, et abolitionniste avant l’heure.

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 On a peine à croire en la quittant au bout de cinq albums qu’elle n’a alors que 18 ans, tant elle a vécu, souffert et lutté. Mais sa jeunesse est sa force et on devine bien que d’autres aventures vont la porter encore longtemps, avec toujours la liberté comme moteur de vie .

L’histoire d’Isa et de ses compagnons est passionnante. Elle traverse la grande histoire et comme toujours avec Bourgeon, les personnages féminins  sont à l’avant plan.

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Comme dans toutes ses séries, on retrouve une brune et une rousse, et quelles que soient les époques, les histoires, les situations, ces femmes ont un caractère bien trempé et leur incroyable énergie est bien souvent mise à l’épreuve dans un monde d’hommes lâches, avides et brutaux (ce sont des séries historiques, tout cela a bien sûr beaucoup changé depuis !).

La précision du trait de Bourgeon est étonnante. C’est avec une minutie incroyable qu’il peint un paysage mais aussi les corps, la vie en mer, l’organisation d’un navire, un combat naval ou le commerce des esclaves. C’est ce dessin particulier qui fait aussi qu’on revient à ses albums, qu’on les redécouvre sans cesse, qu’on s’y replonge pour y trouver à chaque fois un détail nouveau.

30 ans après, cette fresque romanesque n’a pas pris une ride.

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