Insoupçonnable

insoupçonnableInsoupçonnable -Tanguy Viel

 

 

 

 

Bretagne. Joli parc en bord de mer. Scène de joie au mariage de Lise et Henri. Henri Delamare, commissaire-priseur, la cinquantaine, appartient à la petite bourgeoisie provinciale, il savoure son bonheur car sa jeune épouse est belle et très jeune, la moitié de son âge.

Lise a un frère, Sam. C’est lui qui raconte cette histoire. Alors que la fête bat son plein, Lise s’échappe et va retrouver son frère pour une étreinte bien peu fraternelle. On l’aura compris, ils ne sont pas frère et soeur mais amants. Pourquoi cette mascarade alors ? C’est que ces deux-là n’ont pas les moyens de leurs rêves. Alors quand Lise a rencontré Henri, qu’elle a senti qu’il tombait amoureux d’elle, elle a commencé à cogiter.

C’est elle qui a lancé la machination criminelle : un kidnapping, insoupçonnable. Quand ils auront touché la rançon, ils pourront enfin partir pour « les States » comme dit Lise. Là-bas, c’est sûr ils mèneront la grande vie et seront heureux. Leur seul désir, c’est « changer de vie ».

Sam est tellement fou de Lise, qu’il est prêt à tout accepter : Lise dans le lit d’Henri, le rôle de beau-frère.

L’affaire pourrait être simplement et rondement menée, mais voilà, il y a Edouard, associé et « vrai » frère d’Henri.

Edouard qui n’a pas assisté au mariage, est un personnage inquiétant, et qui va compter dans l’échec du projet des jeunes amants. Parce que, oui, dès le début, très vite dans le récit, on sait que tout cela va mal tourner, et c’est justement l’intérêt du roman. Sam et Lise ne sont que des naïfs, ils n’ont pas les épaules pour réussir un coup pareil, Sam le sent, pourtant ils vont s’entêter, et ce qui devait être une affaire simple et lucrative va devenir une véritable tragédie. Reste à savoir pour qui et pourquoi.

Roman sur la trahison, Insoupçonnable est plein de secrets, de non-dits, construit comme un polar, mais c’est bien plus que cela.

Tanguy Viel, avec une langue magnifique, fait de Sam notre guide. On le suit, on se perd avec lui dans les digressions, les sous-entendus, on s’implique, on attend, on devient lui. On se laisse bercer par la poésie des longues phrases qui apportent comme une langueur au récit. On est captif du rythme, et porté par la fluidité de la narration – on aurait presque envie de lire ce roman à voix haute – on sent la tension monter jusqu’au final qui n’apportera pas vraiment de réponse et c’est tant mieux.

Insoupçonnable roman policier ? Non, il y a bien une intrigue, mais le principal intérêt  réside dans l’étude de la nature humaine, et le constat est bien noir.

Un court roman passionnant, pour le plaisir de l’intrigue, pour l’étude des caractères,  et surtout pour la plume de Tanguy Viel.

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