Sur la mauvaise pente

sur la mauvaise penteSur la mauvaise pente – Graham Hurley

Un cadavre, ou ce qu’il en reste, est retrouvé dans un tunnel, attaché aux rails, près de Portsmouth. Il était nu, ses vêtements soigneusement pliés et déposés à côté de lui.

C’est l’inspecteur Joe Faraday, tout juste de retour de vacances, qui va prendre l’enquête en charge. Il sera secondé par Paul Winter, lui aussi de retour d’un voyage d’une toute autre nature : il a été opéré d’une tumeur au cerveau et voit maintenant la vie très différemment.

Les deux hommes et l’équipe habituelle de Faraday vont devoir identifier le cadavre, et le mobile de ce qui semble à l’évidence être un meurtre.

Au cours de l’enquête, ils vont suivre différentes pistes, se perdre, et pour certains, frôler les limites de la légalité.

Winter se colle aux basques de Bazza Mackenzie le caïd de Portsmouth qui pourrait bien être lié au meurtre du tunnel, et il mène en parallèle une enquête sur une disparition étrange.

Les deux enquêtes, sur le cadavre du tunnel, et sur la disparition, vont se côtoyer, s’enchevêtrer à tel point qu’au début je me suis demandé si la victime n’était pas de la même personne dans les deux affaires.

J’avais lu de bons avis sur les romans de Graham Hurley et sur Faraday, son enquêteur. J’aurais peut-être dû commencer par le premier de la série, mais c’est Sur la mauvaise pente qui se trouvait dans ma Pal… Et dans ce volume, Faraday est loin d’être au premier plan. C’est Winter qui lui vole la vedette . Depuis son opération, il traîne sa solitude, et semble n’avoir qu’un seul ami auquel il restera fidèle quoi qu’il arrive. Ses relations avec Faraday évolueront vers un certain respect mutuel, malgré leurs approches très différentes du travail .

Les méthodes de solitaire de Winter et son nouveau mode de vie le rendent suspect aux yeux de sa hiérarchie, mais il n’en a cure. Il veut découvrir la vérité, coûte que coûte, même si son insistance l’amène à vivre une expérience aussi violente qu’humiliante (une virée à l’aveugle dans une voiture conduite par des inconnus, un grand moment du récit, et un grand moment d’écriture).

J’ai beaucoup aimé ce roman de procédure, où l’auteur prend le temps de détailler les avancées de l’enquête sans distiller d’ennui, ni faire retomber le rythme du récit. Les intrigues se croisent, s’emmêlent mais la construction est telle que le lecteur n’est jamais laissé à l’abandon. Certes, on se pose nombre de questions, on fait des hypothèses qui s’effondrent dès la page tournée, et cela jusqu’au final pour le moins surprenant.

Les deux personnages principaux, Faraday et Winter, sont attachants, l’un discret et rêveur, l’autre plus border-line. Mais les deux ont en commun de mener une vie solitaire, et d’avoir vécu un deuil.Ils sont terriblement humain.

Portsmouth est un autre personnage tout aussi important dans ce roman. Hurley fait un portrait terrible et sans concession de cette ville, et par là même de l’Angleterre en général. Un lieu où règne la misère sociale, où l’économie parallèle a remplacé les emplois, où les marginaux sont légions.

Merci Madame Thatcher !

Lu dans le cadre du Mois anglais

 

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