Mensonges, Mensonges

mensonges, mensongesMensonges, mensonges – Stephen Fry

Je connaissais Stephen Fry acteur, découvert dans Peter’s Friends de Kenneth Brannagh, puis dans le superbe  Gosford Park, de Robert Altman, mais je ne savais pas qu’il écrivait .

Difficile de parler de cet étrange roman qu’est Mensonges, Mensonges.

Stephen Fry nous raconte avec un humour féroce et so British, la vie d’Adrian Healey. Cet adolescent de 15 ans, fils de bonne famille anglaise, est scolarisé comme il se doit dans une « public school » qui, comme son nom ne l’indique pas, est très privée et recrute sur des critères financiers plutôt que sur un bulletin scolaire irréprochable.

Imaginez un décor de type Harry Potter, ou du Cercle des poètes disparus. Ces vieilles bâtisses aux immenses couloirs, aux immenses escaliers de bois sombre, aux professeurs et aux élèves tous en costume, s’agitant d’un bout à l’autre de l’école , des piles de livres sous le bras. Dans cette école, on étudie, on joue au rugby, au cricket ; on se reçoit pour le thé, on parle poésie, on chahute aussi, une école presque comme les autres dans cette Angleterre des années 70.

Revenons à Adrian Healey. C’est un fumiste de première qui passe son temps à cultiver son excentricité , et en général les autres l’aiment bien pour ça. Mais il est moins aimé des professeurs. Son insolence et son indiscipline exaspèrent souvent, tout comme son sens de la répartie imparable. Sans parler de son homosexualité dont il ne fait pas secret – pourtant il ne devait pas être le seul dans ces établissements anglais à cette époque !

Il ment à tout le monde, tout le temps, le mensonge est devenu non pas une seconde mais une première nature chez lui. Le mensonge lui permet de se tirer de nombreux mauvais pas et d’éviter bien des devoirs scolaires.

Sa langue acerbe et son humour mordant n’épargnent pas grand monde, et surtout pas le professeur Donald Trefusis. Ils se détestent mutuellement.

Tous les deux quitteront l’école, le professeur pour avoir été pris en posture délicate avec un jeune homme, et l’élève parce qu’il aura fini par dépasser les bornes.

Quelques années plus tard, ces deux là se retrouvent à Cambridge et Donald Trefusis entraîne Healey dans d’étranges aventures.

Ce roman est désopilant. Rythmé, enlevé, il ne laisse pas un moment de répit. Le verbe y est plus important que l’action, et on sent que l’auteur prend un plaisir fou à ces joutes verbales entre ses personnages. Il va loin, parfois même très loin, certaines scènes sont très crues. Il va très loin aussi dans la critique de la société anglaise et de l’establishment.

Mais là où c’est brillant, c’est dans la construction. A la fin, on se rend compte que tout le monde a menti, tout le temps, et que nous, lecteurs, avons été manipulés du début à la fin.

En sachant cela, il faudrait quasiment reprendre la lecture depuis le début en essayant de repérer où il y a mensonge – c’est à dire presque à chaque page !

Pour vous donner un exemple de l’impertinence et de l’irrespect qui foisonnent dans ce roman, j’y ai lu ceci  (âme sensible s’abstenir) : […]cette lesbienne bolchévique décadente, Jane Austen […].

J’en vois déjà qui s’évanouissent, d’autres qui se lancent dans un contrat sur la tête de Stephen Fry…
Challenge Mois anglais

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