La Reine des lectrices

la reine des lectricesLa Reine des lectrices – Alan Bennett

Vous saviez, vous, que le bibliobus passait à Buckingham Palace, comme dans n’importe quelle petite ville de province    ?

Ce sont les chiens (les fameux corgis), lâchés dans les jardins du palais, la Reine à leur suite, qui lui font découvrir le    bibliobus dans une cours intérieure où bien sûr elle n’avait jamais mis ses royaux pieds.

Un peu mal à l’aise devant cette situation imprévue, et plus par correction que par envie – parce qu’elle est super bien  élevée – elle prend le premier livre à sa portée et …c’est le début d’une longue liste d’emprunts.

Dans ce bibliobus, elle rencontre Norman Seakins, employé aux cuisines royales qui va très rapidement devenir son tabellion particulier (il passe donc ses journées à lire pour pouvoir conseiller la Reine).

La Reine commence alors une nouvelle vie de lectrice apparemment difficilement conciliable avec sa fonction, le protocole et son emploi du temps super chargé.

Ses proches ne voient aucun inconvénient à cette nouvelle activité, au contraire, la Reine leur semble plus ouverte, cherchant à discuter et à échanger. Mais il en est bien autrement du Premier Ministre et des autres responsables de la politique du pays.

Depuis qu’elle passe son temps dans les livres, la Reine néglige ses devoirs – les cérémonies sont expédiées, elle-même se néglige (enfin, si on peut appeler se négliger le fait de porter le même ensemble deux fois dans la même quinzaine ! « Elle envisageait à présent avec un certain effroi l’incessante succession des tournées, des voyages officiels et des engagements qui l’attendaient, au cours des années à venir. »

Mais comment empêcher cette nouvelle passion si dérangeante ? Les fourbes ont de l’imagination : ils éloignent Norman et font disparaître des livres (pas toujours avec délicatesse ni discrétion !).

Tout au long du roman on assiste à une véritable métamorphose. Certes Elisabeth II a parcouru le monde entier, elle a rencontré les plus grands , mais elle se rend compte qu’elle n’a pas su apprécier la rencontre avec de grands écrivains. Elle aimerait tellement discuter avec eux maintenant, mais pour certains il est trop tard.

Après un certain temps, lire ne lui suffit plus, elle prend des notes, commence à écrire. Et la métamorphose continue jusqu’au final qui laisse un grand sourire sur les lèvres.

Ce roman est un vrai bonheur.

La situation incongrue ne cesse d’étonner et les péripéties sont jubilatoires.

Pas de lèse-majesté ici, rien qu’une réflexion sympathique sur la lecture.

Il ne m’était jamais venu à l’esprit avant : 1) que la Reine n’avait pas accès à une bibliothèque digne de ce nom dans son palais, 2) que je pouvais avoir autant de points communs avec sa Majesté , 3) que l’acte de lire pouvait mettre un royaume en péril, 4) que j’aurais envie de proposer à Elisabeth II d’ouvrir son blog pour qu’on puisse échanger sur nos lectures, 5) que nous sommes toutes des Reines d’Angleterre….

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