L’Origine de la violence

l'origine de la violenceL’origine de la violence – Fabrice Humbert

Quatrième de couverture

Lors d’un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père le stupéfie et ne cesse de l’obséder. Ce prisonnier, David Wagner, est en fait son véritable grand-père. Peu à peu    se met en place l’autre famille, la branche cachée, celle dont personne chez les Fabre n’évoque l’existence…

Au cours de sa quête, le jeune homme comprend qu’en remontant à l’origine de la violence, c’est sa propre violence qu’on finit par rencontrer.

Plus qu’une enquête sur ses origines, c’est d’une quête de soi qu’il s’agit, passé et présent étant très liés.  Le narrateur va briser tous les silences et les secrets de famille, il va découvrir son père avec lequel il n’a que des relations superficielles, son grand-père Fabre aussi. Mais c’est surtout lui-même qu’il finira par mieux connaître.

En  reconstituant la vie de ce grand-père Wagner avant et pendant le camp, il donne un visage à tous les hommes qui sont morts à Buchenwald, et rend ainsi un très bel hommage à la mémoire de tous ces hommes assassinés dans les camps.

« Dorénavant, lorsqu’on tapera « Wagner », on lira : « David Wagner, né à Paris le 4 août 1915, déporté à Buchenwald, mort le 21 mars 1942.Oui, j’en suis sûre. J’écris pour cela. »

Le narrateur livre les résultats de son enquête avec profusion de détails sur la vie du camp, sur ceux qui l’administraient et qui y vivaient – car on y vivait, on y recevait, comme s’il s’agissait d’un lieu anodin. Les bourreaux sont présentés dans leur quotidien et deviennent ainsi paradoxalement presque humain.

La plupart des avis entendus ici ou là, très élogieux même, venant de certains critiques, m’ont poussée à lire L’origine de la violence. Mais j’ai eu du mal avec ce roman très, trop (?) documenté. Je suis pourtant allée jusqu’au bout de cette lecture, sans vrai déplaisir.

Alors, qu’est-ce qui m’a gênée ?

Peut-être le fait qu’on est toujours entre  roman et essai historique. J’ai parfois pensé que le côté fictionnel n’était que prétexte à une présentation historique du nazisme ou à une analyse philosophique de la violence.

J’ai également vu l’histoire d’amour entre le narrateur et la petite-fille d’un nazi comme artificielle, là aussi prétexte à montrer que la compréhension entre les deux nations, les deux peuples et les différentes générations est complexe, et que l’Histoire peut influer, longtemps après, sur l’histoire des individus.

D’autre part, la première personne utilisée pour le narrateur aurait dû me faire sentir proche de ce jeune homme obsédé par ses recherches. Ce n’est pas le cas.

Bien sûr j’ai été émue, révoltée, à la lecture de l’histoire de David Wagner – comment ne rien ressentir quand on parle de camps et de toutes ces victimes d’un régime inhumain ? Mais dès qu’il s’agissait du narrateur lui-même, une distance s’opérait immédiatement.

Je ressors donc avec une impression mitigée, me disant que je suis apparemment passée à côté d’un grand roman.

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