Les Poules

Un petit livre (117 pages) qui a voyagé depuis le poulailler de Liliba.

Les PoulesLes Poules –    Dominique Resch

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, et ce premier roman très original de Dominique Resch a été un vrai  moment de bonheur de lecture.

Un jeune garçon, le narrateur, raconte ses premières années plongées dans le flou le plus total, puis comment dès l’arrivée de ses premières lunettes, le monde s’est éclairé, illuminé même, quand il a découvert les filles. Il est question d’éveil du désir (notamment grâce au catalogue de la Redoute !), de découverte de la sexualité.

« (…) un jour, des lunettes pemettent de voir les choses. Les mouches, les puces dans les chiens. Et    dans la foulée, ces lunettes permettent de voir les filles. Et de les voir nettes, les filles. Et les filles, floues ou nettes, ce n’est pas la même chose. Floues, ça se confond avec le reste. Ca    fait corps. Dans la fumée de cigarette des grands et les nuages de souvenirs de purée maternelle primitive. Nettes, ça n’a rien à voir. Il ne sera plus jamais question de se contenter de floues :    c’est la naissance du désir. »

Cette découverte devient une obsession, il collectionne les images de « poules » qui viennent    s’entasser dans une boîte à chaussures soigneusement cachée dans une pièce désaffectée puis dans le poulailler de la grand-mère. Ben oui, quoi, des poules dans le poulailler, quoi de plus logique    !

Le style est très alerte, et très drôle. Je me suis surprise à rire toute seule dans le bus sous les yeux    étonnés des ados encore endormis en partance vers une journée de boffitude lycéenne. Si j’avais osé je le leur aurais bien conseillé de lire ce petit roman, histoire d’égayer un peu leur  journée.

C’est drôle et touchant aussi quand il parle de sa grand-mère adorée, et très particulière.

«  Augustine, ma grand-mère, était un angle droit. Mais pas seulement un truc moral, une femme au carré    dans sa tête, la conscience tirée à quatre épingles, incapable d’arrondir les anagles : elle était un véritable angle droit. Un vrai. En dur. De la physique. Du concret. De la matière qu’on    touche. Elle marchait comme ça, à quatre-vint-dix degrés. Dans cette position inhabituelle pour un être humain. Quantre-vingt-dix-degrés pile. Six heures et quanrt sur la pendule. D’équerre. A ma portée. A mon écoute. Rien qu’à moi. »

Le récit de ses péripéties La Redoutienne, de ses angoisses quand son trésor a été découvert, et de son lien avec Augustine, est ponctué entre deux chapitres, d’interrogations sur l’inventeur de l’imprimante qui marque les dates sur les oeufs. Surprenant mais trop drôle !

«  Des types ont travaillé jour et nuit sur le projet. Hervé L. a travaillé tard le soir. Lui en    particulier. Heures supplémentaires en pagaille. Au début, ça ne marchait pas mais il se disait qu’on ne fait pas d’omelettes sans casser des oeufs et ça le faisait rigoler tout seul dans son  labo. »

Un roman original, loufoque, à l’humour très particulier, et au style complètement décalé. A lire absolument ! Merci Liliba.

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