Nulle et grande gueule

Nulle et grande gueuleNulle et Grande Gueule – Joyce Carol Oates – (titre original : Big Mouth and Ugly Girl )

Quatrième de couverture

Elle c’est Ursula. Parce qu’elle est grande, très grande, mal dans sa peau, Ursula se surnomme elle-même la Nulle. C’est pourtant, à seize ans,  une belle fille, intelligente et d’une volonté peu commune. Solitaire, indépendante, elle ne ressemble pas aux autres.

Lui c’est Matt. Doué, drôle, c’est un garçon brillant, apprécié de tous. Il aime faire rire, il parle haut et fort. Trop parfois. Le  jour où il a menacé de poser une bombe au lycée, Matt plaisantait. Mais les évènements s’enchaînent, prenant une tournure de plus en plus dramatique : soupçonné, accusé, isolé, il voit sa vie devenir  peu à peu un enfer. Seule Ursula ne cède pas  à la rumeur …

Ursula et Matt se croisent depuis l’école primaire, et au lycée dans certains cours, sans plus. Ils ont différents.

Elle est plutôt solitaire, complexée par sa grande taille et son physique en général. Elle dit se moquer de l’opinion des autres et les tient à l’écart par le sarcasme et l’humour froid. Elle s’appelle elle-même La Nulle, c’est dire l’opinion qu’elle a d’elle-même – et ce n’est pas son père trop occupé à gagner beaucoup d’argent et donc  peut disponible, ni sa mère qui trouve mieux d’emmener la jolie et minuscule petite sœur à la danse plutôt que de venir voir jouer Ursula au basket qui arrange les choses !

Matt lui est populaire, bien intégré dans un groupe de bons copains, valeur sûre du journal du lycée et du cours de théâtre. Il est le rigolo de  service, toujours prêt au bon mot ou à la bonne blague pour plaire aux copains. C’est cette faiblesse qui va lui causer, à lui et à sa famille, tant de problèmes et qui justifie qu’il se donne le surnom de Grande Gueule.

Il va subir les interrogatoires de la police, les soupçons de ses amis et surtout la mise à l’écart de tous. Lui qui était si bien intégré !

Tout son univers s’écroule et il ne doit de ne pas sombrer qu’à l’appui inconditionnel d’Ursula qui ne supporte pas l’injustice.

Finalement leur rencontre va permettre à chacun d’être soi-même et de s’accepter tels qu’ils sont.

Dans ce roman, Joyce carol Oates démonte le mécanisme de la rumeur, comment elle s’insinue dans un groupe, et comment elle peut détruire, ronger. Même lorsqu’il sera blanchi, Matt ne pourra retrouver sa vie d’avant et sa famille aura subi un traumatisme indélébile.

Si cette histoire permet à l’auteur de critiquer la société américaine, elle donne aussi à entendre la voix des adolescents dans ce qu’elle a  d’universel. Elle aborde, souvent avec humour, toujours avec pudeur, le problème de la relation aux autres, le mal-être, la difficulté d’exprimer ses sentiments, celle de devenir adulte, la relation entre les parents et les enfants.

J’avais beaucoup entendu parler de Joyce Carol Oates, toujours en termes élogieux et le hasard m’a menée vers ce roman, apparemment son premier texte pour la jeunesse.

Si l’écriture est agréable, je n’ai malgré tout pas été vraiment emballée. Les personnages des parents manquent d’originalité, les situations  prévisibles et le happy end décevant. L’ensemble reste trop manichéen. Écrire pour la jeunesse n’implique pas à mon avis ce genre de simplification.

Il n’en reste pas moins qu’à aucun moment je n’ai pensé à abandonner cette lecture. Il m’en restera le souvenir d’une jolie histoire d’amitié adolescente et je persisterai aussi dans la lecture de cette auteur, mais côté adulte.

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