Prédation

prédationPrédation –    Jérôme Camut et Nathalie Hug

Quatrième de couverture

Un cadavre dénudé est découvert dans une friche industrielle, la main droite déchiquetée. Un homme se tire une balle en pleine tête, dans un centre commercial bondé. Un jeune père, dressé comme un chien, est tourmenté sans relâche au fond d’un cachot sans porte ni fenêtre. Aucune piste, aucun lien, aucun    mobile…Qui sont ces hommes ? Pourquoi ont-ils été choisis ? Pour quelle mise à mort aberrante ? Prédation entrouvre la porte d’un univers imprévisible et angoissant, étrangement en prise avec les faits divers les plus choquants de notre époque.

Difficile de parler d’un roman policier sans trop en dévoiler.

Prédation fait partie d’une trilogie, Les Voies de l’Ombre, qui continue avec  Stigmate et Instinct. Et s’il y a bien une chose qu’on a envie de faire à la dernière page de Prédation, c’est de sauter sur les volumes suivants. Malheureusement je ne les ai pas encore, c’est insupportable !!!!

Dans Prédation, on suit Rufus Baudenuit, 51 ans, flic qui n’arrive pas à admettre que sa femme soit partie et ne veuille plus avoir aucun contact avec lui. Il se comporte comme un vieil ours avec tout le monde, sombre lentement vers l’alcoolisme, mais reste attachant malgré tout .

Cécile Herzog émerge de l’obscurité et vient se planter devant Rufus. Elle tient entre son pouce et son    index gantés une forme oblongue maculée de terre.

– Un doigt, enfin, ce qui en reste. Salut, Rufus. Je ne suis pas mécontente de te voir. Cette affaire n’est    pas limpide. En tout cas, pas pour moi.

– Raconte.

– Un petit bonjour peut-être ? Non, rien.

Cécile laisse traîner un silence. Elle travaille avec Rufus depuis trois ans et connaît assez bien l’homme.    Avare en parole, bon professionnel et soutien inconditionnel en cas de coup dur.

– J’ai pas dormi et j’ai cinquante piges, Cécile. Ça n’excuse rien, mais ça explique.

– Bon, reprend Cécile. La patrouille de nuit a découvert ce corps aux alentours de minuit, suite à l’appel    d’un témoin. Ce chantier est interdit au public, mais la porte d’accès était ouverte.

– Quelle porte ?

– Celle qui se trouve de l’autre côté.

Cécile indique, en se retournant, l’avenue derrière elle, celle qui surplombe l’autoroute.

– Tu vois de quoi je parle ?

Rufus acquiesce.

– Bref, ils ont mis le périmètre en quarantaine et ont fait remonter l’info, poursuit Cécile. Voilà comment    je vois la scène. Quand ce type est entré, il était déjà dénudé. Ne me demande pas d’où il venait, ni pourquoi il ne portait pas ses fringues, je n’en ai aucune idée. Il a dû courir jusque-là, au    milieu du terrain. Ensuite, il s’est arrêté. Il y a un piétinement encore apparent dans cette zone. Et puis, il s’est remis à marcher, vers les palissades. Et là, grand mystère, quelque chose lui    a arraché le bras. On a retrouvé des morceaux…

– Explosif, articule Rufus.

– Pardon ?

– C’est pas une arme. Seul un explosif peut faire ça.

– Tu me sembles bien sûr de toi.

– Continue, on verra plus tard si j’ai raison ou tort.

– C’est à peu près tout. Il n’est pas mort sur le coup. Il y a des traces de sang coagulé sur un peu plus de    deux mètres.

Rufus sera le premier à faire le lien entre ces morts qui n’ont apparemment rien en commun. Son enquête le mènera à rencontrer Andéas, jeune père séquestré par un homme qui se fait appeler Kurtz mais qu’il ne voit jamais. Andréas est détenu dans une cellule aveugle et nue, de laquelle il se sent continuellement épié. Il est avili, affamé, par ce Kurtz qui lui donne des missions incompréhensibles, mais qu’il doit accomplir s’il veut revoir sa fille vivante. Et il a le pressentiment que d’autres, comme lui, vivent la même horreur dans d’autres cellules. Je ne vous en dis pas plus.

Les chapitres sont courts – 85 en tout – qui nous font passer alternativement de l’enquête de Rufus à la réclusion d’Andréas jusqu’au moment où les deux personnages se rencontrent. Cette alternance de point de vue donne un rythme qui ne laisse aucun repos au lecteur.

Le point commun entre tous les personnages, c’est ce Kurtz, insaisissable. On ne cesse, comme Andréas, de se demander ce qu’il veut et quelles sont ses réelles motivations. Un vrai malade, mais d’une intelligence hors norme. Il prend plaisir à la souffrance des autres qu’il manipule comme des marionnettes. On se demande jusqu’où Andréas supportera son calvaire pour sauver sa fille. Cette question traverse tout le roman – quelle peut être la réaction d’un être humain s’il doit choisir entre sa vie et celle d’un être cher ? Un vrai cauchemar !

Ici pas de description horrible, pas de cadavres à chaque page, la tension tient à l’épreuve morale que  subissent les personnages. Et la tension ne redescend pas jusqu’au final surprenant et angoissant. Une fin qui n’appelle qu’une chose, le deuxième volume.

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