Le dernier homme

J’avais déjà adoré La Servante écarlate de Margaret Atwood, je contine à découvrir cette    auteure avec bonheur.

le dernier hommeLe dernier homme – Margaret Atwood

Le dernier homme est un roman d’anticipation qui nous plonge dans un monde très proche du nôtre et pose la question    des enjeux de la recherche scientifique et de ses limites.

Nous rencontrons Snowman, le dernier survivant humain sur Terre, qui chaque matin descend de l’arbre dans lequel il    s’est installé un refuge. Il est sale, sent mauvais, s’enveloppe dans un drap en lambeaux et peu ragoûtant. Son quotidien est fait de quête de nourriture, de lutte contre une chaleur mortelle    depuis la disparition de la couche d’ozone, de mise en place de stratégies pour éviter l’attaque de louchiens, de porcons, de rasconsses ou de malchatons, animaux issus de croisements génétiques créés dans le monde d’avant.

Il se parle à lui même, n’ayant plus personne avec qui échanger si ce n’est les Crackers – créés par Crake, son ami d’enfance – des « humains améliorés », d’une beauté extraordinaire, aux yeux vert phosphorescent, vivant nus, insensibles à la chaleur, sans pulsions d’aucune sorte, et qui se nourrissent d’herbe. Des êtres qui n’ont pas été doté d’intelligence, qui n’ont aucun passé et ne vivent que dans le présent. Leur savoir est    rudimentaire, leur vie se résume à manger et se reproduire.

Margaret Atwood décrit un monde post-apocalyptique où tout est en ruine, où des cadavres humains sont encore visibles, ici ou là, comme des rappels de l’horreur passée. Y a-t-il eu une catastrophe écologique ? une dérive scientifique qui aurait éradiqué la race humaine ?

Rien ne nous est dit d’emblée. Nous suivons Snowman dans son quotidien et cette description alterne avec les souvenirs de son adolescence et de son amitié avec Crake, le génie de la génétique et responsable de ce désastre.

Petit à petit on découvre le monde d’avant, un monde où Snowman s’appelait Jimmy. Il vivait dans un complexe protégé –  un compound – réservé aux employés des laboratoires et firmes scientifiques dépourvues d’éthique. A l’extérieur de ces compounds on trouve des plèbezones, villes où règne le chaos.

Le père de Jimmy, génographe, a créé les porcons,  » Le projet porcon visait à produire une gamme d’organes    humains, irréprochables dans un modèle transgénique de porc knock-out. Les organes étaient destinés à faciliter les transplantations et à limiter les rejets, mais aussi à résister à des    agressions de microbes opportunistes et de virus dont les souches se multipliaient d’année en année. « 

Sa mère, dépressive, finit par disparaître et devenir activiste.

Finalement son seul ami est et restera Crake, enfant puis jeune homme surdoué qui ira encore plus loin que les autres scientifiques en créant une nouvelle espèce d’hommes, les Crakers.

Jimmy et Crake ont passé leur enfance à surfer sur le net où tout est accessible : du plus innocent jeu vidéo aux pornos, en passant par des sites pédophiles, des sites spécialisés dans les exécutions publiques et ceux où on vient se suicider en direct.

C’est sur un de ces sites qu’ils repèrent Oryx une petite fille dont le corps aura été exploité par de nombreux monstres. Ils la retrouveront plus tard et en tomberont tous les deux amoureux. Mais pour Crake, sauver l’humanité de ses pulsions, donc de la guerre, de la maladie, voire de la mort, est plus important que l’amour. Et son obsession tournera mal.

J’ai aimé la rencontre avec Snowman, les détails de sa lute pour survivre, malgré tout, ses rapports avec les Crakers qui lui permettent de garder un lien avec son ancien monde et une certaine fidélité à Crake malgré l’horreur qu’il a engendrée. Les Crakers sont en quelque sorte les enfants de Crake et d’Oryx : Crake les a créés, Oryx les a éduqués. Snowman leur parle d’eux, il leur en parle comme de créateurs et organise autour d’eux une sorte de nouvelle cosmogonie.

Mais ce n’est pas tant le quotidien de Snowman dans ce monde déchu qui est intéressant, c’est la découverte des origines de la catastrophe, par petite touche. C’est l’enfance de ces trois personnages dans laquelle réside les raisons de l’anéantissement de la race humaine.

Margaret Atwood met parfois avec humour, mais la plupart du temps avec férocité, le doigt sur toutes les dérives de notre monde, tous les dangers d’une recherche scientifique sans éthique ou d’une société qui oublie les valeurs humaines. Et elle le fait avec une écriture très inventive.

Publicités
Cet article, publié dans Romans, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s