La Messagère de l’au-delà

la messagère de l'au-delàLa Messagère de l’au-delà  –  Mary Hooper

Nous sommes dans l’Angleterre puritaine du XVIIème siècle, à Oxford.

Anne Reade, jeune et jolie servante dans une riche famille, vient d’être condamnée à la pendaison pour infanticide. Comme le veut la coutume de cette époque pour les familles pauvres, son corps a été cédé à l’université pour y être disséqué.

Ne ressentant plus son corps, Anne est persuadée qu’elle est morte. Elle pense n’être plus qu’un esprit et en attendant son entrée au paradis, ses pensées la ramènent au drame qui l’a conduite à la potence. On la suit dans ses souvenirs de servante assez naïve pour croire aux belles promesses du petit-fils du maître. Elle revit son désarroi  lorsqu’elle se retrouve enceinte et doit faire face seule à la peur et à la douleur lors de l’accouchement dans des conditions particulièrement atroces. Son bébé est mort-né, elle sera pourtant accusée d’infanticide et condamnée.

Sur la table de dissection, petit à petit elle retrouve des sensations. Son corps réagit imperceptiblement, et c’est Robert, un jeune étudiant en médecine, bègue,  venu assister au cours d’anatomie qui raconte tout ce qui se passe autour du corps d’Anne – notamment l’incompréhension des médecins quand il leur dit avoir vu des signes de vie sur ce soi-disant cadavre, la bataille interne qui s’ensuit entre les « anciens » et les « modernes », la pression exercée par l’ancien maître d’Anne pour éviter de salir son nom, les balbutiements d’une médecine encore empreinte de superstitions…

Anne, persuadée qu’elle est dans l’antichambre de l’au-delà, n’est absolument pas consciente de ce qui se joue autour d’elle. Son récit calme, focalisé sur son passé récent, rend les événements relatés par Robert encore plus stressants pour le lecteur qui sait qu’elle est toujours en vie mais qui bien sûr ne peut intervenir. La question insoutenable    pour le lecteur est : va-t-elle se réveiller, montrer de vrais signes de vie avant qu’ils ne commencent à la disséquer ?

A partir d’un fait réel et à l’aide d’une reconstitution historique très documentée, l’auteur recrée l’histoire extraordinaire de cette jeune fille et donne la parole alternativement à Anne et à Robert qui nous font vivre de leur point de vue cet événement si incroyable.

Ce roman classé « jeunesse » se lit très facilement mais le thème abordé peut heurter les plus jeunes et/ou les plus sensibles.

L’Angleterre puritaine du 17ème siècle y est très bien décrite et rien ne nous est épargné : la puanteur, la saleté, la justice expéditive pour les pauvres et  surtout le sort fait aux femmes de cette époque.

« – Ce sont toujours les pauvres gens qu’on découpe en morceaux, poursuivit-elle, avant même que Robert ne parvienne à articuler un seul mot. Les nobles ne se font pas étriper, eux ! Y commettent jamais de meurtres ces gens-là ? Ça m’étonnerait ! »

Et comme un livre en appelle toujours un autre, il m’a donné envie de relire La Lettre écarlate, le magnifique roman de Nathaniel Hawthorne qui aborde aussi, mais pas seulement, le sort fait aux femmes dans une société puritaine.

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