Château l’attente

chateau l'attenteChâteau l’attente – Linda Medley

C’est  tout d’abord l’objet qui a attiré mon œil. Un livre qui ressemble aux livres de contes de notre enfance.  Un beau gros livre (plus de 400 p.) avec de la dorure, du cuir (enfin presque), un joli marque-page en tissu rouge.  Et puis le titre, Château l’Attente. L’attente de quoi ?  de qui ? pourquoi ?

Comme à chaque fois que je veux acheter une BD ou un roman graphique comme ici, je feuillette. Parce que si le dessin ne me plaît pas, l’histoire a beau être géniale, je n’achète pas. Mais là, je suis tombée sous le charme : des lignes claires, simples, tout en noir et blanc, et un  graphisme qui laisse présager une histoire décalée, drôle, foisonnante,  peut-être même insolente… un style qui laisse penser à de la fantasy.

Alors, de quoi ça parle ? Et bien… il était une fois… oui, parce que l’auteur reprend tous les  codes du conte. Donc, il était une fois un château abandonné par la Belle au Bois dormant, partie couler des jours heureux ailleurs avec son prince charmant. Ce château fini par devenir le refuge des exclus. Linda Medley nous donne à voir le quotidien de ces habitants tous aussi bizarres les uns que les autres : un intendant à tête de cigogne, un chevalier à tête de Cheval, trois dames de compagnie de la Belle au bois dormant qui s’ennuient à mourir depuis le départ de la donzelle et qui se retrouvent nounou du bébé d’une femme battue qui vient de quitter son mari. N’oublions pas les surprenantes nonnes de l’ordre des Solicitines (confrérie religieuse de femmes à barbe) ni les lutins et autres monstres qui jalonnent le récit.

Si l’auteur  fait appel aux contes traditionnels, elle les détourne avec humour, laissant de côté    les personnages flamboyants et les aventures héroïques pour mieux raconter le quotidien de personnages loufoques dans un récit jalonné de références aux contes.
Certains deviennent le temps de quelques pages ou de chapitres entiers les « héros » de l’histoire, les personnages féminins ayant souvent le rôle le plus important. Féministe, Linda Medley ? Sans doute, mais pas seulement… Avec humour et délicatesse elle aborde des problèmes aussi durs que la violence que les hommes font aux femmes, elle n’épargne pas non plus l’obscurantisme des religions. Elle sait manier la digression et raconter des histoires dans l’histoire, elle sait également nous perdre dans son dessin foisonnant de détails. C’est aussi ça le    bonheur avec les BD, on lit, on relit, et à chaque fois on découvre un petit détail dans le récit, dans le dessin qui donne envie de tout reprendre depuis le début…c’est  jubilatoire.

Un ouvrage pour toute la famille.

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